Je ne sais pas si c’est moi qui embellis mes souvenirs mais lorsque je pense aux hivers de mon enfance je les trouve bien différents de ceux d’aujourd’hui.

Le temps était-il plus rude avant ? La planète se réchauffe...

Le froid nous transperçait malgré manteau, écharpe et gants de laine et la douce chaleur du poêle à charbon sur lequel mijotait le souper était un vrai réconfort lorsque nous rentrions. Bien que la cuisinière à gaz ait été installée à côté, on s’en servait toujours, on se disait « rien ne peut le remplacer ».

Et pourtant …

J’ai l’impression que, lorsque je croyais encore au Père Noël, l’ambiance des fêtes était beaucoup plus chaleureuse, peut-être rendue féérique par mon regard d’enfant.

Chez nous, le Père Noël passait le soir du 24 décembre alors que les voisins devaient attendre le lendemain matin pour découvrir leurs cadeaux.


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Le sapin, toujours assez grand, trônait dans la salle à manger qui nous servait aussi de chambre à mes frères et moi.

Nous avions la chance d’habiter une vaste maison avec jardin, véranda, terrasse et autres dépendances mais l’unique chambre était celle de nos parents. L’arbre trouvait donc sa place dans un des coins de la grande pièce deux ou trois jour avant la fête.

L’après midi du 24 décembre, nos parents nous emmenaient promener ou visiter des proches ou de la famille. 

A notre retour, c’était magique, le sapin illuminé dans la pièce chaude et obscure semblait nous attendre. Nos yeux émerveillés ne savaient plus où se diriger tant le spectacle était féérique.

Il y avait des papillotes, des chocolats, des nougats éparpillés au sol et des jouets en vrac sous le sapin. Notre Père Noël n’emballait pas les cadeaux, on voyait tout mais on ne savait plus vers lequel se tourner.

Ces images lointaines sont si claires dans ma mémoire alors qu’il s’est écoulé près d’un demi-siècle ! C’est peut-être la magie des souvenirs d’enfant…


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